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Retraite : les inégalités persistent entre les hommes et les femmes 

Retraite : les inégalités persistent entre les hommes et les femmes 
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Retraite : les inégalités persistent entre les hommes et les femmes. La rédaction d’Il est encore temps vous fait le point !

Retraite : les inégalités persistent entre les hommes et les femmes. Découvrez dans les lignes qui suivent le portrait effrayant de la situation dans l’Hexagone.

Le bilan de ces cinq dernières années est assez acerbe si l’on regarde l’action gouvernementale entreprise jusque-là. Le point avec Florence Legros, économiste et directrice de l’ICN Business School.

L’écart entre la pension d’une femme (1 480 euros environ) et celle d’un homme (1 980 euros en moyenne) est de 500 euros« 

Le montant des pensions ne déroge pas à la règle. L’inégalité est encore flagrante. « L’écart est important. En 2018, ce qui correspond aux dernières données publiées par la Drees, la pension moyenne des femmes était de 1 110 euros par mois quand elle s’établissait à 1 784 euros mensuels pour les hommes« , nous rappelle Florence Legros.

« Ce n’est pas anodin et ce n’est pas seulement lié aux derniers salaires« , poursuit la spécialiste.

« En 2018, la Drees soulignait aussi l’important décalage existant entre le taux de remplacement des hommes, qui s’établissait à 75% en moyenne, et celui des femmes, qui ne dépassait pas 54,6% du dernier revenu environ », est-il également souligné.

« En tout et pour tout, les problèmes de revenus pré-retraite correspondent à 62% du montant des inégalités femmes-hommes une fois venue la cessation d’activité, à en croire le Conseil d’orientation des retraites« , peut-on lire dans les colonnes de Planet.

« La racine du problème, rajoute-t-elle se trouve aussi dans les choix de carrières qui s’offrent aux femmes ».

« A trente ans, les femmes nées en 1954 (c’est-à-dire celles qui partent à la retraite aujourd’hui) avaient validé 39,8 trimestres de cotisations d’après la Drees.

« Comparativement, les hommes de la même génération en affichaient 44,2. Pourtant, les femmes ne commençaient pas à travailler beaucoup plus tard, explique l’économiste. Elles ont dû faire face à des interruptions de carrière et au morcellement de leur vie professionnelle ».

« Les femmes sont moins cadres, elles ont tendance à travailler dans des secteurs moins rémunérateurs et même à service équivalent ».

« C’est en partie pour cela qu’à carrière complète, en faisant abstraction des éventuelles interruptions évoquées, l’écart entre la pension d’une femme (1 480 euros environ) et celle d’un homme (1 980 euros en moyenne) est de 500 euros« , détaille la directrice de l’ICN Business School.

« La durée d’assurance représente 35% des raisons d’inégalités entre les femmes et les hommes, une fois à la retraite ».

« Les congés maternités par exemple, sont particulièrement brutaux pour les carrières des femmes : il s’agit de trimestres assimilés, pas cotisés. Ils ne comptent pas pour le montant de la pension », indique-t-elle.

« Notre système de retraite accorde des pensions décentes et propose un système de réversion de même nature pour accompagner le conjoint survivant ».

« Mais l’écart considérable qui existe entre les niveaux de rémunérations crée forcément un choc des revenus quand le mari décède », rappelle encore l’économiste.

« Dans la décomposition de la racine des inégalités entre les femmes et les hommes, le Conseil d’orientation des retraites fait état de plusieurs éléments »

« Dans la décomposition de la racine des inégalités entre les femmes et les hommes, le Conseil d’orientation des retraites fait état de plusieurs éléments« , révèle-t-elle.

« La durée d’assurance totale joue globalement pour 35% du problème. Le montant de la rémunération perçue tout au long de la carrière représente, lui, 62% ».

« Les minimas sociaux, dont les femmes sont les principales bénéficiaires, viennent compenser pour 8% environ, déjà pris en compte dans les chiffres évoqués. Reste donc 18%, qu’il est aujourd’hui impossible d’expliquer.« , énumère Florence Legros.

« Le trou se rebouche, mais il le fait si lentement et il reste si important qu’il est difficile de dire s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle« , conclut l’experte.