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« Arnaques » aux formats « familial » ou « XXL » : une grande surface pourrait-elle vendre un produit plus cher en lot qu’à l’unité ?

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Les arnaques se multiplient de jour en jour. S’appuyant sur une vidéo tournée dans un Carrefour, le député insoumis Antoine Léaument dénonce la marque de « promotion trompeuse ». Cela, sur ses packs de lait. Notons que celle-ci a également été publiée sur Twitter.

La concurrence entre les enseignes

Cependant, ce type de pratique est relativement courant. Ainsi, la Foodwatch Association a trouvé des exemples pour chaque enseigne testée. Précisément, pendant le confinement de 2020. Alors, il y a une différence de prix très importante. Ce qui nuit aux formats « familial ». « Chez Carrefour, des pains à hamburger géants de la marque Jacquet coûtent 29 % en plus au kilo. Cela, entre le format classique (330 g) et le maxiformat (495 g)« , citait par exemple l’ONG. « Chez Cora, le riz long grain incollable cinq minutes de la marque Lustucru avec une augmentation de 22,8 % du prix au kilo. Cela, entre le format classique (450 g) et le format familial (750 g). »

En outre, le magazine 60 millions de consommateurs a aussi constaté quelque chose, en janvier dernier. En effet, un « produit en lot de deux est quelquefois plus cher au kilo que le même à l’unité ». Toutefois, le journal souligne que des erreurs peuvent survenir avec certains produits de grande consommation. Alors, ce phénomène peut être lié à une concurrence intense pour ces références. « Un lot plus cher au kilo, cela arrive, c’est une erreur », expliquait une grande enseigne au magazine. « La concurrence entre grandes surfaces d’une même zone sur les produits de grandes marques au format standard est telle que l’enseigne aligne à la baisse son tarif. Mais oublie parfois d’ajuster les autres formats, dont les lots. »

Arnaques aux formats « familial » : la directive omnibus

Cependant, si les grandes surfaces fixent intentionnellement des prix de lots bas, est-ce légal ? La vidéo a été partagée des centaines de fois sur Twitter. Ce qui a poussé Antoine Léaument à interpeller le ministre de l’Économie. « Cette pratique, si elle était avérée, contreviendrait très directement à la directive européenne Omnibus qui durcit les sanctions applicables en matière de promotions trompeuses », d’après le député LFI.

Celle-ci, instaurée en France en mai, vise à interdire de manière effective les fausses promotions. Néanmoins, en obligeant uniquement les vendeurs à afficher « le prix du produit avant l’application d’une réduction » et en fixant ce « prix antérieur au prix le plus bas pratiqué par le vendeur au cours des trente derniers jours précédant la réduction ». Cela peut empêcher, par exemple, les marques d’augmenter temporairement leurs prix avant une promotion pour afficher une remise plus importante.

Il faut toujours se référer « au prix à l’unité de mesure d’un produit »

« Sans se prononcer sur la caractérisation des pratiques » de Carrefour, c’est « la présentation du produit et l’information du consommateur qui sont déterminantes ». Ce, d’après la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.  Ainsi, « les prix sont libres. Et rien n’empêche un professionnel de vendre à un prix plus élevé les produits réunis dans un pack que lorsqu’ils sont vendus à l’unité ». Par conséquent, afin de se faire une idée des offres les plus intéressantes, le consommateur doit se référer « au prix à l’unité de mesure d’un produit, le litre et le kilogramme ».

Cependant, la répression des fraudes rappelle que « la pratique visant à faire croire à l’existence d’une promotion non avérée est susceptible d’être qualifié de commerciales trompeuses ». Donc, une condamnation à 2 ans de prison et 300 000 € d’amende.