Alzheimer: les chercheurs découvrent comment prédire l’évolution de la maladie

Alzheimer: les chercheurs découvrent comment prédire lévolution de la maladie
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Alzheimer: les chercheurs découvrent comment prédire l’évolution de la maladie et mieux appréhender la prise en charge de cette démence.

Si la progression de la maladie d’Alzheimer est mieux élucidée, cela devrait permettre de mieux prendre en charge les patients. Meilleur encore, cela va pouvoir faire avancer la recherche sur les traitements de la dégénérescence du cerveau. Alzheimer: les chercheurs découvrent comment prédire l’évolution de la maladie. Ces derniers se sont surtout intéressés aux quantités initiales de protéines anormales dans le cerveau.

Cette nouvelle découverte des chercheurs français qui permet de prédire l’évolution de l’Alzheimer.

Une fois le diagnostic de la maladie établi, la question qui s’ensuit est de savoir comment la maladie évoluera-t-elle. Impossible de répondre à cette question sans marqueurs de pronostic.

« Certains patients vont se dégrader lentement, d’autres rapidement mais le médecin ne peut pas aujourd’hui donner une réponse fiable », est-il indiqué par Franceinfo.

En vue d’anticiper cette évolution, les équipes du service de neurologie de la mémoire et du langage du GHU Paris Psychiatrie et neurosciences à l’hôpital Sainte-Anne se sont intéressées aux quantités initiales de protéines anormales dans le cerveau.

Cette étude est dirigée par le professeur Marie Sarazin en collaboration avec le docteur Julien Lagarde, associées à celles du laboratoire BioMaps du service hospitalier Frédéric Joliot (CEA) à Orsay du Docteur Michel Bottlaender.

La seule façon d’identifier l’Alzheimer repose en effet sur la détection des protéines anormales qui s’accumulent dans le cerveau. N’étant pas visibles directement, la seule manière de les visualiser, c’est au microscope avec des morceaux de cerveau coupé en lamelle.

Les chercheurs ont alors mis au point une recherche indirecte par l’imagerie Pet Scan afin de repérer les protéines amyloïde et tau.

« La particularité de ces maladies neurodégénératives, c’est qu’elles sont très hétérogènes, explique le Dr Julien Lagarde. « Elles se présentent de façon diverses selon les patients et surtout, évoluent de façon très variable ».

« Or, rajoute-t-il une des questions principales des patients, au-delà du diagnostic, c’est de savoir comment les choses vont évoluer ».

« Et ça, c’est quelque chose que l’on n’est pas en mesure réellement de préciser parce que les marqueurs de pronostic sont actuellement très peu nombreux, même absents dans ces maladies ».

« Nous avons étudié la fixation du traceur Tau à un instant donné en début d’études », souligne Julien Lagarde.

« Cette fixation initiale du traceur était associée à l’évolution à la fois des troubles cognitifs chez ces patients et l’évolution de l’atrophie cérébrale qui est mesurée par l’IRM.« 

« Au bout de deux ans, nous nous sommes rendu compte que cette fixation initiale du traceur était associée à l’évolution à la fois des troubles cognitifs chez ces patients et également l’évolution de l’atrophie cérébrale qui est mesurée par l’IRM.« , avait-il découvert.

L’intensité des dépôts de protéine Tau, observables à l’imagerie TEP, prédise ainsi l’évolution de la maladie.

Ce type d’information peut aider à mieux concevoir les études qui visent à développer des nouveaux traitements curatifs.

« Dans la maladie d’Alzheimer, on a des traitements symptomatiques, qui aident à limiter l’impact et la répercussion des troubles neurologiques sur la vie quotidienne. Mais on n’a pas les traitements qui vont guérir, qui vont stopper ou renverser a fortiori la maladie.« , spécifie le spécialiste.

« Ce type d’information pronostic pourra, conclut-il, aider à mieux stratifiés les patients et à mieux définir les patients qui évolueraient potentiellement plus rapidement et d’autres moins ».

« Ce qui pourra aider aussi à concevoir les effets et à mieux pondérer les résultats qu’on obtient dans les études qui visent à infléchir l’évolution de la maladie.«